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Miriam Debraise [2016 - ]

Estimation des capacités en mémoire de travail par l’étude des processus sériels d’activation et de désactivation des traces mnésiques

Sous la direction de Fabien Mathy

Le modèle de partage temporel des ressources (Time-Base-Resource-Sharing-TBRS) de Barrouillet, Bernadin et Camos (2004) est à la fois prédictif des capacités de la mémoire de travail et intuitif. Ce modèle est fondé sur l’idée que les traces mnésiques se dégradent spontanément et rapidement en mémoire lorsque l’attention n’est plus dirigée vers la tâche de mémorisation en cours. Ces traces mnésiques peuvent toutefois être rafraîchies dès lors qu’elles bénéficient à nouveau des ressources attentionnelles. Plusieurs travaux de recherche ont mis en avant des arguments solides en faveur du modèle TBRS, bien que des critiques avancent un manque de spécificité. En effet, de nombreuses questions restent encore sans réponses : existe-t-il une durée fixe de rafraîchissement par item, ou au contraire, est-elle déterminée par certains facteurs spécifiques ? Les items à mémoriser sont-ils rafraîchis dans un ordre spécifique ? Etc. Récemment, une modélisation computationnelle du TBRS a été proposée par Gauvrit & Mathy (soumis), et peut être considérée comme un outil capable de répondre aux imprécisions du modèle original. Cette nouvelle modélisation, appelée TBRS2, est fidèle au modèle princeps, tout en permettant de spécifier certains paramètres (e.g. stratégies utilisées lors du rafraichissement des traces mnésiques, vitesse d’activation et de déclin des traces mnésiques). Par conséquent, le TBRS2 devrait nous permettre d’éprouver le modèle TBRS original avec un degré de précision qui n’a encore jamais été atteint auparavant. Cette thèse propose de tester le modèle auprès de populations standards et cliniques (e.g. haut potentiel, troubles de l’attention, retard mental léger), afin de déterminer si les paramètres du modèle sont suffisamment adaptés pour rendre compte du fonctionnement et du dysfonctionnement de la mémoire de travail. Pour ce faire, les expérimentations utiliseront une tâche visant la mesure d’empan mnésique et manipuleront dans chacun des groupes de participants le nombre d’items verbaux, les instructions pour auto-répéter le matériel à mémoriser, ainsi que la proportion de temps dévolu à la tâche de mémorisation.

Voir en ligne : Theses.fr

publié par Pierre-Aurélien GEORGES - mis à jour le