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Accueil > Formation > Doctorat > Thèses en cours > Dialogisme et polyphonie au prisme de l’altérité. Proposition pour une fondation du dialogisme en langue

Valentina Miconi [2016 – ]

Dialogisme et polyphonie au prisme de l’altérité. Proposition pour une fondation du dialogisme en langue

Sous la direction de Sylvie Mellet et Geneviève Salvan

La problématique de recherche que j’ai retenue a pour point de départ les notions de dialogisme et de polyphonie. Retour ligne automatique
Issues de l’héritage intellectuel de M. Bakhtine (1895-1975), ces notions ont connu un succès grandissant en Sciences du langage, suite à l’important travail de traduction et de vulgarisation de l’œuvre bakhtinienne, mis en place par T. Todorov dans les années 80, au point qu’aujourd’hui, « il y a presque autant de conceptions de la polyphonie que de linguistes qui s’en servent » (Nølke, 2006). La prolifération soudaine de cadres théoriques axés, dans des proportions variables, autour du dialogisme et/ou de la polyphonie a sans doute contribué à accroître l’instabilité conceptuelle propre à ces notions bakhtiniennes, et a ouvert la voie à des emplois quelque peu discrétionnaires de ces termes, qui sont souvent recontextualisés en fonction d’intérêts théoriques précis. Retour ligne automatique
De ce fait, le premier enjeu de ma thèse consistera à questionner le statut définitoire du dialogisme et de la polyphonie, dans la tentative de parvenir à une articulation entre ces notions. Pour ce faire, je prendrai appui sur trois modèles explicatifs principaux : (1) le modèle pragmatique de Ducrot, (2) le modèle sémantique et modulaire des polyphonistes scandinaves et (3) le modèle praxématique, élaboré par J. Bres et A. Nowakowska.Retour ligne automatique
Or, d’après mon hypothèse derrière les notions de dialogisme et de polyphonie, on peut déceler un autre concept sous-jacent, commun, et peut-être plus englobant : celui d’altérité énonciative qu’on retrouve sous les termes de « feuilletage énonciatif », de « pluralité des points de vue », d’ « hétérogénéité énonciative », etc. Il se trouve que ce concept, de prime abord assez simple à appréhender, a été fortement théorisé par Antoine Culioli dans le cadre de sa Théorie des Opérations Enonciatives (TOE). Le solliciter revient donc à analyser la pertinence d’un changement de paradigme linguistique pour unifier les analyses des divers faits énonciatifs visés par les notions précédentes.Retour ligne automatique
Finalement, les objectifs de ma thèse sont essentiellement au nombre de deux : Retour ligne automatique
il s’agit, premièrement, de subsumer l’opposition terminologique dialogisme-polyphonie en mettant au jour la dimension d’altérité première inscrite dans ces notions, sans toutefois avoir la prétention de mettre fin à un débat jamais épuisé ; deuxièmement, il s’agit de montrer de quelle façon la TOE permet d’appréhender un ensemble de marqueurs précis, comme étant la trace en langue d’opérations cognitives et énonciatives stables qui tissent la trame dialogique et polyphonique du texte et de positionner l’altérité au cœur même de la théorie culiolienne. L’analyse sera conduite à partir du roman de R. Pinget (1919-1997), intitulé « Le Libera ». Les marqueurs seront donc étudiés en contexte, non à partir d’énoncés fabriqués, mais sur la base d’énoncés attestés, contextualités, faisant partie d’un projet communicationnel et esthétique bien précis, ce qui devrait assurer la cohérence globale du maniement de l’altérité énonciative.
 

publié par Pierre-Aurélien GEORGES - mis à jour le