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Linguistique et Didactique

Axe transversal LiDiDa (2010-2014)
Linguistique et Didactique

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Mots clés : linguistique, didactique des langues, corpus, analyse du discours, genres de discours, Interaction verbale, Marqueurs de la Structuration de la Conversation, NTIC, traitements automatiques et quantitatifs.

Les relations entre la linguistique et la didactique des langues sont depuis toujours étroites car la linguistique et la didactique sont deux disciplines complémentaires. Notre objectif est donc avant tout de renforcer ces liens, en proposant une approche originale qui s’appuie sur une interpellation réciproque des deux disciplines. En effet la didactique a trop souvent été perçue et construite comme une simple branche applicative de la linguistique ; mais elle peut et doit aussi interpeller la linguistique et, développant ses propres questionnements, les soumettre à la linguistique et lui offrir ainsi quelques-unes des pierres de touche qui permettront à celle-ci de valider ses hypothèses théoriques et d’affiner ses analyses explicatives. Réciproquement, la linguistique, parce que son objet est de décrire et de modéliser le fonctionnement des langues, se trouve particulièrement bien placée pour soumettre à la didactique des ensembles de données utilement structurées et des modèles d’analyse qui pourront inspirer la pratique et la réflexion des didacticiens. Il s’agit là d’une démarche dialectique qui a vocation à être portée par des linguistes-didacticiens, dont la pratique pédagogique s’accompagne d’une recherche fortement ancrée dans un laboratoire reconnu.

L’une des questions récurrentes que se posent tous les didacticiens et pédagogues est : comment améliorer l’enseignement d’une langue-culture et faciliter son apprentissage afin de faire acquérir une compétence à communiquer langagièrement selon l’approche actionnelle préconisée par le Cadre Européen Commun de Référence ?
Or la compétence à communiquer langagièrement comporte trois composantes à savoir : linguistique, sociolinguistique et pragmatique ; ceci conduit nécessairement à développer une dimension réflexive de l’enseignement / apprentissage, dans une approche qui dépasse le simple niveau grammatical pour englober toutes les strates de l’activité langagière telle qu’elle se développe au niveau cognitivo-discursif.
Pour autant, notre objectif n’est pas de couvrir l’ensemble du champ, mais de délimiter des axes de recherche en fonction du paysage national de la recherche en didactique, de l’ensemble des compétences spécifiques présentes et reconnues à Nice et de la philosophie générale du laboratoire BCL dont nous faisons partie.

Dans ce cadre, nos travaux ont pour spécificité de placer les corpus non seulement au centre de la recherche et de la pratique didactiques, mais plus précisément au cœur de chacune des étapes constitutives de notre démarche. Ce cercle heuristique pourrait être ainsi résumé : l’étude de corpus variés permet de cerner sur divers phénomènes particuliers le fonctionnement des langues cibles et de documenter les difficultés rencontrées par les apprenants. Les mêmes corpus, après avoir suscité l’analyse linguistique initiale, vont fournir le matériel exploitable en classe de langue ; l‘utilisation de ces données comme support pédagogique en cours et dans les activités d’apprentissage va permettre à rebours d’évaluer leur pertinence dans la démarche didactique et l’efficacité de leur modélisation ; ce retour sur expérience permettra d’opérer un tri parmi les données, éventuellement d’en proposer une nouvelle structuration, de les enrichir par les productions de la classe de langue elle-même (qui sera enregistrée) et de lister les difficultés persistantes qui nécessitent une nouvelle analyse.
Cette boucle réflexive s’accompagne simultanément d’un travail sur le métalangage linguistico-didactique et sur la transposition terminologique de l’une à l’autre des disciplines.
On voit comment une telle démarche assure à la fois le dialogue équilibré entre les disciplines et le va-et-vient nécessaire entre données empiriques et modélisation théorique.

Plus concrètement, nos travaux s’articulent autour des problématiques et des objectifs suivants :

  • Elaboration et constitution de corpus plurimédiatiques, soit audiovisuels (débats télévisés, publicités, extraits de film, interactions enseignant/apprenants en classe de langue, etc.), sonores (émissions radiophoniques) ou textuels (comportant des manuscrits, leurs reproductions).
  • Exploitation et analyse des corpus : analyse linguistique et plus précisément sémantico-pragmatique en contexte, dans la perspective d’une méthodologie d’enseignement par compétences ; étude de l’impact des genres de discours, toujours dans la même perspective ; utilisation et adaptation des outils d’exploration automatique et de traitement quantitatif développés à Nice.
  • Développements spécifiquement didactiques et élaboration de méthodes d’apprentissage des langues performantes et théoriquement cohérentes pour l’acquisition de véritables compétences discursives. Ces outils visent également à faciliter les performances des apprenants dans le cadre des certifications en langue (CLES et DALF). Une réflexion sur l’enseignement à distance sera également menée.

Dans l’état actuel des collaborations envisagées, ces travaux se déploient principalement à propos de l’enseignement du français langue étrangère (FLE) et de la didactique de l’anglais. Mais la possibilité d’autres champs d’application reste ouverte.

L’attention portée aux faits énonciatifs d’une part, aux contraintes génériques d’autre part, ainsi que le recours à des outils de traitement automatique font que l’axe transversal LIDIDA est étroitement lié avec deux équipes de BCL : l’équipe « Linguistique de l’énonciation » et l’équipe « Logométrie ».

Collaborations au niveau national

  • Projet d’ouvrage avec Paris III et l’Université de Reims : grammaire de discours en anglais
  • Travaux nationaux au sein de RANACLES (Equipe linguistique – didactique)
  • Equipe de travail CLES (Certificat de Compétences en Langues de l’Enseignement Supérieur), au sein de la coordination nationale
  • Congrès annuel du GERAS : 2010 « Les discours en intersection : hétérogénéité et unité », Université de Nice-Sophia Antipolis.

ANNEXE

Un exemple emprunté à la didactique du français langue étrangère et de l’anglais.

L’un des problèmes langagiers majeurs auxquels nous consacrons une part de nos travaux ainsi que notre expérience professionnelle est le fonctionnement et la maîtrise des Marqueurs de la Structuration de la Conversation (MSC) en français et en anglais.
Les MSC, nécessaires à la maîtrise des échanges dialogaux, comprennent des marqueurs exclusifs de l’oral : « ah bon, tu vois, … », « really ? » ainsi que des marqueurs qui sont utilisés à la fois à l’oral et à l’écrit : « enfin, en fait, … », « actually, in fact ». De plus, la plupart de ces marqueurs sont polyvalents et polyfonctionnels, ce qui est source de nombreuses difficultés pour des étudiants allophones.
A travers l’étude de plusieurs types d’interactions verbales, nous avons établi un classement (pour le FLE) qui distingue les différentes valeurs sémantico-pragmatiques des MSC. Ce classement s’appuie sur des nombreuses études des interactions verbales et l’analyse du discours, études qui, fatalement, font appel à un métalangage linguistique dont l’usage en classe de langue doit être réévalué et régulé.

L’analyse des nuances du fonctionnement des marqueurs ainsi que leurs différentes utilisations à l’oral et à l’écrit et parallèlement l’étude des difficultés rencontrées lors de l’apprentissage du français langue étrangère, et plus généralement des langues étrangères nous permet d’élaborer des méthodes didactico-linguistiques. Dans quels contextes discursifs précis (argumentation, description ...) ces marqueurs apparaissent-ils plutôt ? Quelle est leur orientation pragmatique privilégiée ? Telles sont les questions qui guident en partie l’exploration.

Les supports de notre recherche sont des corpus variés et plurimédiatiques, différents genres de discours dont bien sûr le discours didactique (enseignant / apprenant). Ainsi des cours sont enregistrés et notamment les cours de langue qui ont lieu à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, cours qui sont organisés selon l’approche actionnelle du Cadre Européen Commun de Références pour les langues.