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Anna Jaubert

PREX émérite -  UNS

CV

 

 

Anna Jaubert, Agrégée de Lettres modernes (1973) par concours externe, Docteur de Langue et littérature française (1985) de l’Université de Poitiers, et Habilitée à diriger des recherches (1990), est à ce jour professeur de classe exceptionnelle à l’Université de Nice.

 

Son domaine de recherche s’inscrit dans les nouvelles perspectives que l’Analyse du discours a ouvertes pour l’étude des textes littéraires. Elle a développé une approche spécifique : la stylistique pragmatique, initiée par sa thèse Étude stylistique de la correspondance entre Henriette*** et Jean-Jacques Rousseau. La subjectivité dans le discours, Slatkine-Champion, Genève-Paris, 1987, 561 p., qui, en 1985, a représenté la première application, à l’échelle d’une œuvre de la pragmatique à la stylistique. Anna Jaubert a participé au mouvement de relance de la stylistique en France, en affirmant sa vocation de discipline de recherche, et non de simple pratique empirique.

 

Par la suite, tous ses travaux (plus de quatre vingt publications et une quarantaine de conférences), ont illustré et théorisé sa conception d’une stylistique pragmatique, intégrée dans le champ des sciences du discours. Aujourd’hui, elle a mis en chantier une théorie du style (voir ci-dessous « La diagonale du style. Etapes d’une appropriation de la langue ».

 

Anna Jaubert a été membre du Conseil Scientifique de l’U. de Nice-Sophia Antipolis, et de son Bureau de 2005 à 2008 et Présidente de la Commission de Spécialistes des 9e et 10e sections à l’U. de Nice. de 2003 à 2008. Elle a été également expert auprès de l’AERES (2009), membre du Conseil scientifique de L’UMR 7320, « Bases, Corpus et Langage » et responsable de l’équipe Linguistique et pragmatique des textes dans ce laboratoire.  Elle a été à deux reprises membre du jury de l’Agrégation externe de Lettres modernes. Actuellement elle appartient à plusieurs comités de lecture et de rédaction (7) de revues scientifiques internationales, et participe au jury du CAPES externe de Lettres modernes.

 

 

 

Domaines de recherche

Linguistique et pragmatique. Théories de l’énonciation. Stylistique. Rhétorique

 

 

Principales publications :

 

Ouvrages

 

1990 : La Lecture pragmatique, Paris, Hachette, Coll. HU, 240 p.

 

1987 : La Correspondance entre Henriette*** et J.-J. Rousseau. La subjectivité dans le discours, Genève-Paris, Slatkine-Champion, 561 pages, suivies du fac simile des lettres autographes d’Henriette*** et du brouillon des réponses de Rousseau. Préface de Jean-Pierre Seguin.

 

 

Quelques articles récents

 

2011 : « Le calembour ou la pragmatique du trait /facile/ », Figures de l’à-peu-près (dir. A. Rabatel), Le Français moderne, T. LXXIX, n° 1, p. 33-43.

 

2010 : « La correspondance comme genre éthique », Argumentation et analyse du discours, ADAAR n°5, (http://www.revues.org).

 

2009 a : « Le dialogue théâtral ou la spontanéité revisitée », La Langue en contexte, (dir. E. Havu et al.), Helsinki, Mémoires de la Société néophilologique d’Helsinki, p. 174-183.

 

2009 b : « La rumeur est-elle un genre de discours ? », La Circulation des discours, Québec, Nota Bene, p. 147-161.

 

2008 : « Dire, et plus ou moins dire. Analyse pragmatique de l’euphémisme et de la litote », Figures et point de vue (dir. A.Rabatel), Langue française n° 160, déc. 2008, p. 101-112.

 

2008 : « Entre nécessité et vertu, une limite de rendement syntaxique. Quand l’apposition prend le large », Le Français moderne n° 2 T. LXXVI, juin 2008, p. 129-139.

 

2007 : « La diagonale du style. Étapes d’une appropriation de la langue », Pratiques 135-136, p. 47-62.

 

 2006 : « Négociation de la mise en place et stratégies de l’idéalisation », Le rapport de place dans l’épistolaire, Semen n° 20, Besançon, p. 65-82.

 

2006 : « L’horizon de nos attentes et la médiation générique », Estudios de lengua y literatura francesas, Université de Cadix 16, p. 41-51.

 

2005 : & D. Denis, « La fictionnalisation dans le langage », Le Français moderne T. LXXIII, n° 1, p. 1-5.

 

Thèmes de recherche / mots clés

 Stylistique, théorie du style

Analyse pragmatique

Pragmatique des figures

Linguistique de l’énonciation

Recherches actuelles

 Mes travaux actuels portent sur une théorie continuiste de la langue au style et l’approche énonciative et pragmatique des figures.

Dernières publicationsHAL

pour l'idHal "anna-jaubert" :

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Le tenseur binaire radical et la pensée du style
auteur
Anna Jaubert
article
Penser la langue. Sens, texte, histoire. Hommage à Olivier Soutet, Honoré Champion, pp.249-357, 2017
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2017
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Tantôt nous utilisons le mot style pour couvrir une notion générique, un ensemble de traits reconnaissables, congruents à une situation socio-discursive, on parle alors d’un style, tantôt au contraire, le même mot renvoie à l’empreinte d’un auteur, tenue pour singulière, et c’est alors le style de telle ou telle figure-phare de notre patrimoine littéraire. Ces deux emplois, marqués significativement par un changement d’article, donnent à voir une dynamique de la notion. C’est cette dynamique que je vais esquisser à grands traits, m’autorisant d’une certaine analogie processuelle pour utiliser à son endroit le terme de stylogénèse. Ma démarche, librement inspirée d’un des fondamentaux de la psychomécanique, posera la question préalable de la possibilité d’un rapport théorique au style, et, dans la foulée, celle de la transposition des principes guillaumiens ; elle détaillera ensuite le processus de la stylisation du discours en explicitant ses étapes remarquables.
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Linguistique(s) du discours et stylistique. Point de vue sur l'observable
auteur
Anna Jaubert
article
Le discours et la langue. Revue de linguistique française et d'analyse du discours., EME editions, 2016, à paraître
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2016
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Le parti pris de l’observable est la principale caractéristique, et même un trait définitoire, de la mutation épistémologique capitale qui a marqué la linguistique d’après Saussure, et dont nous n’avons pas fini de mesurer les retombées. Cette mutation qui confronte la puissance explicative des systèmes en langue aux réalités du discours s’est affirmée dans les années 1970 ; elle apparaît, avec le recul qui est le nôtre aujourd’hui, comme une révolution méthodologique . Mais disons-le d’entrée de jeu : l’observable ne se réduit pas aux données sensibles, et il ne se confond pas non plus avec l’existant ; il s’agit d’une notion éminemment « relationniste » qui prend en compte l’interdépendance entre les conditions de l’observation , le regard du chercheur, et l’objet de la recherche . C’est bien pourquoi la mise au jour simultanée du rôle de la subjectivité dans le langage (E. Benveniste, C. Kerbrat-Orecchioni), et son intégration scientifique, n’ont en l’occurrence rien de paradoxal. Je reviendrai sur la place de l’humain et sur les déterminations subjectives à l’honneur dans le changement de nos pratiques, l’abandon de l’immanentisme, et la montée en puissance des linguistiques du discours, parmi lesquelles se situe la stylistique pragmatique (A. Jaubert, La lecture pragmatique, Paris, Hachette, 1990).
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Nommer et faire être. Pragmatique du nom propre et de l'appellatif
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Anna Jaubert
article
Recherches linguistiques , Universiter Paul Verlaine - CREM - METZ, 2016, à paraître
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2016
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Dans leur fonction-phare d’apostrophe le nom propre et l’appellatif révèlent des visées pragmatiques. L’acte de nomination s’accompagne d’une prédication, puisqu’il s’agit à la fois d’identifier un actant de la situation environnante et de le convoquer "es qualités" dans une interaction. La prédication explicite se double ainsi d’une autre, implicite, qui manifeste un rapport de place entre le locuteur et l’allocuté. C’est l’émergence et les possibles évolutions de ce rapport de place que nous nous observerons dans le choix du nom de la personne, propre ou métaphorique, dans la gamme des termes d’adresse, et parfois dans le biaisage du cadre énonciatif. L’analyse s’inscrit dans la démarche d’une stylistique pragmatique qui fait la part du contexte dans l’appréciation des formes , en l’occurrence celle des préconstruits socio-culturels et des contraintes génériques, eux-mêmes ressaisis par les enjeux directs ou indirects d’une relation interpersonnelle. C’est un rite que de nommer l’autre et il présuppose l’appropriation du nom ou du terme d’adresse : « Comment dois-je vous appeler ? ». Mais l’assentiment de l’autre n’est pas toujours sollicité. Nous verrons comment les images complémentaires d’un Qui je suis pour toi/Qui tu es pour moi (Flahault 1978) se dessinent dans les stratégies de nomination. Les interactions étudiées en la circonstance appartiendront à des corpus classiques variés, où s’illustreront aussi bien des correspondances réelles que des dialogues fictionnels.
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Modulations et modularité de la contrainte présuppositionnelle. Le dialogue exemplaire de Marivaux
auteur
Anna Jaubert
article
Marc Bonhomme et Amir Biglari. La Présupposition entre théorisation et mise en discours , Classiques Garnier, pp.227-238, 2016
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2016
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En matière de messages implicites, la tradition linguistique veut que l’on distingue les inférences nécessaires des inférences seulement possibles (Martin 1976). Cette opposition qui est susceptible de variantes terminologiques, s’est fait connaître avec le couple présupposition vs sous-entendu, théorisé par Ducrot (1972). Mais la distinction fondée sur un critère en apparence très net, celui d’un implicite linguistiquement marqué, indépendant des circonstances de son énonciation, opposé à un implicite dont le calcul est livré aux aléas du contexte, est en réalité beaucoup moins tranchée, car l’instruction linguistique pour une inférence nécessaire relève de niveaux de contrainte différents : l’instruction peut se trouver inscrite dans le lexique, dans la syntaxe, ou « seulement » dans la pertinence énonciative. Or ce principe même de pertinence fait sortir l’instruction du pur domaine linguistique, pour l’arrimer aux lois du discours et à leurs conventions ; cela amoindrit-il la nécessité de l’inférence ? De son côté, le possible jouxte l’infiniment probable. Échelonnement et indexation de l’implicite appellent un réexamen. Quel type d’inférence(s) peut-on dégager d’un énoncé comme « les Garçons et Guillaume à table ! » ? La réalité des contenus implicites se décline dans la continuité d’un guidage interprétatif dont je dégagerai quelques jalons dans le dialogisme stylisé du théâtre classique, et dans ses enjeux argumentatifs.
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Compte-rendu de lecture de : « Eric Bordas : Style. Un mot et des discours. Paris : Kimé, 2008. »
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Anna Jaubert
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BCL_MAJ_id=2784. Compte-rendu de lecture. 2016, sous presse (en 2010)
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2016
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Humour et désacralisation à travers les genres. Les enjeux d’un ethos discursif libertaire
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Anna Jaubert
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M. Fahrat. Humour et identités dans l’espace public. Nouveaux sentiers , pp.77-90, 2016, 978-9938-14-352-2
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2016
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L’humour est un comportement énonciatif complexe, à procédés multiples et à visages divers, mais qui, on s’accorde à le reconnaître, implique toujours un jeu avec la doxa. A ce titre, il ne peut être dissocié d’un conditionnement socio-culturel. Dans une approche pragmatique, c’est-à-dire dans une approche qui pose la question du « pour quoi faire ? » de nos productions verbales, étant entendu que le dire est un faire, j’essaierai de pressentir un commun dénominateur des propos humoristiques en tant qu’actes de langage : à mes yeux une certaine posture éthique — éthique au sens littéral du terme, c’est-à-dire relative à l’ethos construit par le discours. Dans cette intention, j’interrogerai quelques pratiques d’humour à travers des genres de discours différents et soulèverai la question de son statut figural.
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L'approche énonciativo- pragmatique et la question du style
auteur
Anna Jaubert
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Marion Colas-Blaise, Laurent Perrin, Gian Maria Tore. L'énonciation aujourd'hui, un concept-clé des sciences du langage, Lambert-Lucas, pp.201-214, 2016
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2016
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La pragmatique, qui au départ était rejetée à la périphérie des sciences du langage, en fait aujourd’hui partie intégrante. Depuis le fameux « tournant énonciatif » de la linguistique au milieu du siècle dernier, elle pourrait même occuper une position intégrative. Une convergence en matière de conception du langage, et un même déplacement d’intérêt de la proposition à l’énoncé, c’est-à-dire au discours, permet d’articuler les données énonciatives à la pensée d’un langage en acte. On parle volontiers aujourd’hui d’approche énonciativo-pragmatique. Ordre que l’auteure préfère à pragma-énonciative, il suppose que l’appropriation énonciative constitue une charnière conceptuelle entre la langue et les enjeux du discours. Mais la « lecture pragmatique » ne s’arrête pas aux productions « ordinaires », elle rend compte également du discours littéraire, car l’appropriation énonciative, progressive et continue, inscrit divers contrats discursifs régulant une montée en puissance de la valeur du discours. Dans cette perspective, littérarité et style trouvent le cadre d’une approche englobante et modulable selon les époques. Cette synthèse comportera deux grands volets. Tout d’abord elle dégage le lien, organique selon elle, entre l’énonciation et la pragmatique ; elle précise ensuite, à travers ce lien, les conditions et les objectifs d’une stylistique pragmatique.
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Les figures comme formes stylisantes
auteur
Anna Jaubert
article
Amir Biglari & Geneviève Salvan. Figures en discours, Academia-L'Harmattan, coll. "Au coeur des textes", pp.217-232, 2016
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2016
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Si concrètement les mêmes figures peuvent être désignées comme figures du discours et comme figures de style, c’est qu’elles ont de quoi justifier cette double appellation. Quelle place alors donner aux figures dans la stylisation du discours ? La saillance d’une figure est le fait d’une réception sensible à la forme d’une expression. Cette amorce réflexive informulée ralentit la traversée entre le dire et le dit, faisant de l’énonciation figurale une énonciation problématisante qui requalifie l’expression. Le dire se valorise dans une appropriation montrée. A ce titre les figures participent à la stylisation du discours. Nous suivrons ce processus jalonné par un travail sur la pertinence des énoncés, leur textualisation et la littérarisation des genres.
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De la présupposition au sous-entendu, l'approche continuiste de la stylistique pragmatique
auteur
Anna Jaubert
article
Cycle de conférences, May 2015, Lausanne, Suisse
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2015
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De la présupposition au sous-entendu, l'approche continuiste de la stylistique pragmatique
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Communication dans un congrès
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L'analyse du discours doit-elle s'arrêter au style ?
auteur
Anna Jaubert
article
Johannes Angermuller et Gilles Philippe. Analyse du discours et dispositifs d'énonciation. Autour des travaux de Dominique Maingueneau, Lambert-Lucas, pp.87-95, 2015
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2015
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La question est ambiguë, emblématiquement : s’arrêter à peut signifier un arrêt avant, sans franchir la frontière entre le domaine de L’Analyse du discours et le domaine, considéré comme extérieur, de la stylistique ; mais s’arrêter à peut signifier aussi prendre en considération, s’intéresser à : le contraire en somme. Les sciences du discours ont connu lors des dernières décennies des remaniements et des extensions de toutes sortes. Une reconfiguration du paysage s’est dessinée, dont l’Analyse du discours est partie prenante. La question du style cependant est restée à la marge d’un champ disciplinaire aussi large que ramifié : si désormais l’analyse du discours fait une place au discours littéraire, la discrétion qui entoure sa valeur-phare, le style, en restreint inévitablement l’éclairage. Mais cet état de fait est provisoire. Je reviendrai sur les raisons, historiques et épistémologiques, qui ont pu susciter la mise à l’écart du style comme objet d’étude, puis j’esquisserai quelques propositions pour donner une « suite » à la perspective ouverte par Cerisy 2002, en posant les conditions et les objectifs d’une approche désormais intégrable de la notion de style du discours.
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