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Postures d’énonciation et énonciation non sérieuse

L’idée de cette thématique est née de l’intérêt partagé de plusieurs membres de l’équipe, chercheurs et doctorants, pour les postures énonciatives sous-jacentes à toute prise de parole, et particulièrement à une forme d’énonciation « dissociée » que l’on trouve aussi bien dans les phénomènes d’humour et d’ironie, que dans l’énonciation littéraire fictionnelle ou l’énonciation poétique qui, ne se positionnant pas sur le versant discursif-communicationnel du langage, ouvre une voie libérée, ludique, non-sérieuse. La notion d’énonciation non sérieuse, issue de Searle (1982 [1979] : 103), est à la base de nombre de travaux actuels sans qu’elle soit véritablement définie pour elle-même. L’objectif est donc de contribuer à définir une assise théorique à cette notion et d’en évaluer le rendement dans l’analyse des textes et des discours : quelles sont les formes de l’énonciation non sérieuse (par exemple : énonciation feinte, énonciation ludique, etc.) ? L’énonciation non sérieuse a-t-elle des marques propres ? Quand un récepteur peut-il décider qu’un texte relève d’une énonciation non sérieuse et quelle est la part du contexte dans une telle lecture ? Peut-on sur la base de cette notion envisager ce que certains appellent des narrations expressives (aussi diverses que sont le conte, l’histoire drôle, la blague, etc.) ? Les diverses communautés linguistiques et socio-culturelles traitent-elles de la même façon ces énonciations non sérieuses ?

Dans le champ figural, l’énonciation non-sérieuse sera également comprise comme un élargissement concentrique de la thématique des figures du discours qui, abordée sous l’angle pragma-énonciatif, a démontré sa fécondité et assuré à notre équipe une indéniable visibilité. L’ouverture proposée présente un enjeu épistémologique intéressant et ambitieux : elle débouche sur un réexamen de l’opposition littéral/figuré (qui en fait peine à dépasser la conception de la figuralité comme un écart formel), pour lui substituer une approche posturale, celle englobante de l’énonciation non-sérieuse, de l’ethos qu’elle construit et des actes qu’elle permet de réaliser.

Réalisations prévues : ouverture d’un séminaire « l’énonciation non sérieuse » ; colloque sur les postures d’énonciation (sur-, sous-, co-énonciation) prévu en 2018 en collaboration avec le laboratoire BABEL (Toulon) ; journée d’étude sur « Figures et psycholinguistique » (avec l’équipe STIH, Paris-Sorbonne) ; thèse en cours sur les modes de fictionnalisation dans un corpus littéraire contemporain ; collaboration avec le groupe de recherche « Textyle » (EA STIH Paris-Sorbonne & ENS Ulm).